Mercredi 11 novembre 2009 à 0:11


 
Les relents épileptiques de Neurosis s'entassent dans son crâne. Des rumeurs nasillardes qui découpent les larmes de cendres en volutes de silence. Des sons, nichés entre les deux oreilles d'un esprit qui c(r)oule sous des notes en nappes frénétiques. Elle se noie dans le tumulte de ces écueils sonores et de ces lames de soupir. Au crépuscule de ces mutismes, le spectre de ses tourments danse sur des vocaux fuyants.
Les émanations d'opiacé s'ajoutent à cette transe onirique, Elle éclot sous des aurores de cris. Ces cris, ses cris, résonnent en son âme comme si on jouait du violon sur des cordes vocales.
Les déflagrations d'un égo qui s'écroule, suturant [à] ses oreilles.
Vertige.
Des gouffres de silence suintent de nuages voraces en une chute inespérée. Cachée dans les échos brisés, penchée sur les fossés féconds du vain, Elle a disséqué les harmonies dissonantes pour caresser l'aura des torpeurs acides: Elle est sale, et irradiante de poussière. Le temps lui même retient son souffle, pour écouter.
Ecouter cette musique-refuge, une musique d'aveux arrachés, d'égarements d'écorchés, d'âme lézardée de stigmates grotesques, vestiges d'un passé terreux. Une musique qui prend sens en elle-même, hurlant l'être jusqu'à la nausée. Ses sensations se fendillent en une symphonie qui transcende jusqu'au néant qu'Elle tient entre ses mains.
Elle s'écroule.
Désaccord en sol. Ca heurte. Doucement elle se relève en sons lourds de sens. Une musique phoenix. Boursouflée, beauté fascinante d'horreur. Caressées, frappées les notes se livrent, impudiques, violentes parfois. Mais même dévoilées; jamais fausses.
Les fantomes des fugues de barbelés usent les portes du souvenirs; sur les coulées d'accords martelés, ils enfoncent des clés dans les antres du refoulé. Les portent ouvertes, défoncées, béantes, n'usent d'aucun tourments sous ces aubades. Imprégnée de lambeaux sonores, écrasée, Elle accède soudain à une cascade de sens. Enfin, à l'aube de sa conscience [re]composée, Elle voit claire.

Publié par L-Emasculee-Conception

Mercredi 21 octobre 2009 à 0:57


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Pourtant mon sourire est déjà une victoire.

Publié par L-Emasculee-Conception

Vendredi 11 septembre 2009 à 20:18



Je me cogne à la foule. Je ne suis plus qu'une plaie ouverte, une douleur lancinante. Mon corps entier se résume au feu de mes entrailles. Les plaies dans ma chair comme une trouée vers les cieux. Perdue dans la douleur, perclue de douleur, abandonnée de vos errances, j'accepte vos frustrations d'anges déchus. Vos déceptions d'hommes castrés. Vos manquements et votre lâcheté. Vos actes manqués. Vos peurs et vos pleurs. Ma peine n'est que le reflet de vos espoirs flétris. Et vos braillements, que je ne sais plus, que je ne sais pas.
Mais si! J'ai su. J'ai su vos yeux lourds d'inachevés, j'ai vu vos mornes abdications, j'ai bu vos ineffables aspirations. Ma pénitence.
Je me heurte à la foule. Froide des urines de sa vie fanée. Puante aussi. Je suis vivant, c'est mon seul péché. Debout devant vos âmes ternes. J'assume vos désirs inexprimés. Je nais dans vos envies éteintes. Je porte le poids de vos maux quand vous courbez sous les fouets de la culpabilité. Et votre jalousie est mon chemin de croix. Les carcasses de vos rêves pavent ma route. Ne croyez pas que je les piétine! Au contraire, j'en savoure chaque contour. Je les enveloppe. Ils m'élèvent. J'envisage vos visages, je dévisage vos paniques et m'en voile la face. Je m'emmitoufle de vos fades personnalités. Et ce reflet vous dégoûte. C'est vous que vous crucifiez sur les murs de l'incompréhension. C'est vous que vous vomissez.
La masse m'efface. Aveugles griffant le vide pour tenter de s'en recouvrir. Pantins! Les quelques mats de laine que vos pleurs ont tissés sont maintenant debout sur la plaine, près à recueillir mes bouts de chair. Qu'est-ce que ca fait d'empaler une plaie? J'ai le flanc qui lance. Et vos yeux aux milles facettes viennent butiner mes entrailles pour se repaître de ma substance. Croyez vous ainsi assimiler ma sagesse? Vos clameurs de païens cannibales lapident mon foie. Implorez tant que vous le pouvez, ma vie ne tient pas à ces fils de viande. Qu'importe votre croyance, je ne vous renvoie que vos propres échecs, vos défaites et vos malheurs. Vous faites de moi votre martyr pour exorciser l'insuffisance de vos esprits amputés et de vos soifs baillonées, pour pallier vos manquements d'âmes mutilées. Sacrifiée sur l'autel de vos vies(de) ratées, sanctifiée par votre médiocrité.
 
15/06/08

Publié par L-Emasculee-Conception

Jeudi 26 mars 2009 à 23:53


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Des souvenirs échoués là,
Sur la grève des amertumes,
Pantelante chair de ma mémoire
Pendue au mur des anachronismes.

Et les lambeaux d'espoir se sont consumés
par delà les marées qui font rouiller nos habitudes.
La fin de la saison a vu s'éteindre les cendres de la passion
Et les peaux mortes de nos rêves s'évaporent dans les larmes d'hier.

Publié par L-Emasculee-Conception

Mardi 25 novembre 2008 à 19:32

    Il paraît que la vie vient par vagues, et là, autant dire que c'est la marée basse, lorsque crabes et mouches se précipitent pour cueillir les ruines. Celle qui fait rouiller les croutes. Des cris de muettes font vibrer les parois de mon crâne. Au moins, je ne suis sourde qu'aux insultes inarticulées. Elles m'ont bannie du clan. Je n'existe plus. Qu'en tant que proscrit. Qu'importe alors, j'existe. Et je crache sur ce qu'il ne peut avoir, c'est tellement plus facile de noyer des regrets. Déni poisseux. Dégoût cloisonné par leurs abdications humides. Et les chevaux de bois se sont consumés depuis bien longtemps. D'eux ne reste pas même les cendres de l'essence. Alors même hors de l'eau j'étouffe. Et j'ai brulé tout l'air de ma sphère.

    J'étouffe, je vis dans une bulle qui me noie, j'engloutis tout ce qui a de l'importance dans les entrailles de mon subconscient, je brise mes liens au son des os de ma charpente, j'éradique tous prétextes de lendemain. Pourtant je pleure sur mon sort comme un mendiant d'inimitié, qui gratterait ses bras pour se faire sortir de lui même, qui voudrait voler les cicatrices des autres pour justifier cette souffrance incompréhensible. Qui déchirerait son corps pour ne pas rompre son esprit. Qu'as tu perdu sinon ton temps à regretter l'innocence des jours enf(o)uis, séjours impraticables, impalpables, inertes? Et j'erre à travers les incohérences de mon humeur, sans jamais voir l'autre coté du miroir. On a bien tenté d'apprivoiser narcisse mais c'est lui qu'il regardait au fond d'mes yeux. J'ai gouté les limites de ma folie. On a fait le tour de la question.


    J'étouffe. J'ai besoin d'un ailleurs. Mais on ne va pas bien loin à dos d'espérance et la réalité a tôt fait de bruler les oiseaux de papier. Et j'ai beau crever le ciel, j'ai bien l'impression que j'ai mangé toutes les étoiles. Je cherche encore a fusionner avec mon rêve alors même qu'il s'évapore dans les larmes d'hier, ténu, jusqu'à disparaître. C'est comme un grand soleil, qui absorberait ton monde. J'ai des impressions de vie, mais ce ne sont que des illusions; un cloporte nage dans mes (c)ieux, la neige a des oreilles qui crachent des cierges rouges. Ce cas m'isole. Sordide réalité. Car j'oscille entre deux mondes. Puisque même la folie me refuse la salvation. J'ai fait le tour de ma tete comme on s'assomme aux parois de sa cellule. Et je ne sais plus quel est le juste milieux entre la folie et une épiphanie.


    J'étouffe dans mon propre corps. Dans mon propre esprit. Je suis aux portes du sublime. J'ai avalé la clé. Je me retrouve encore devant une porte fermée. À croire que je redessine sans cesse le schéma de l'abandon et du rejet. Et même si j'en ai conscience, rien ne change. Et quoi que je fasse, impossible de remuer. À ce niveau la c'est même plus de l'apathie c'est du coma. Besoin de changer d'air. Mais je m'enchaine. Par terre. A force d'immobilisme mes pieds ont fusionné avec le sol. Au fond je suis toujours le spectateur du grand fauteuil de marbre, qui regarde défiler sa vie. Danser les ombres. J'en ai suivi des courants d'air qui n'ont menés qu'à des impasses. Mais là, c'est une tempète interne qui vient jusqu'à picorer le visage, qui donne l'impression de tomber à l'intérieur de soi, de s'engouffrer, qui fait oublier son corps jusqu'au vertige, et puis, qui vient liquéfier les entrailles, jusqu'à l'é(cr)boulement des fondations. Et les larmes s'effondrent à la cime de mes chimères.

 

 

 

 



 

 

 


Un jour pourtant il faudra bien que j'éventre mon âme si je veux sortir de moi-même.

 

Publié par L-Emasculee-Conception

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